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فال حافظ


دوشنبه ٢٩ آذر ۱۳٩٥
ن : م.رجبی

Quête - 1-5

کلمات کلیدی :

QUÊTE, Tome1, Partie 1

Histoire de complot et de manipulation

 

Préface

 

« Le Panthéon et TitanGaïa peuvent paraître une fiction à vos yeux. Ne vous laissez pas tromper par les apparences, vous êtes déjà à bord! »

Ray Ogust

 

 

Chapitre 1

Dans une salle de la FOSS, la Fédération des Ordres et Sociétés Secrètes.

 

« Laissez-moi sortir, crie Évelyne. Dans quoi m’avez-vous enfermé? Je manque d’air, j’étouffe, la poitrine me fait mal. » « Non Évelyne, il ne faut pas que tu cèdes à la panique. » Elle se concentre sur sa respiration. « Parle-toi, tu es capable de surmonter ça. Applique tes techniques de maîtrise. Ce n’est pas si suffocant cet espace étroit. Respire, respire trannnquillemmmment ». Évelyne touche de ses doigts délicats la paroi lisse, concave et lumineuse qui l’emprisonne... « Ah, j’ai mal à la tête! Cette lumière m’aveugle. J’entends mon cœur battre jusque dans ma tête, » dit-elle en se prenant à deux mains la tête. Elle se frictionne le cou. « Mon chignon est défait. J’ai les cheveux en broussailles comme si je m’étais débattue. On m’a enlevé, c’est sûr! On m’a mis une jaquette d’hôpital, c'est humiliant. Qu’est-ce qui se passe? Après un moment, envahi par la colère, Évelyne frappe à coups répétés la structure. « Je vais la casser cette foutue paroi. Ce n’est pas vrai que je vais rester ici. » La structure lui renvoie une vibration longue et grave. « Elle se rit même de moi. »

Évelyne tenue captive depuis des jours dans l’ovum, une cellule de confinement, perd petit à petit la maîtrise de ses moyens. Les ouvertures sont scellées à l’exception d'une grille comme celle qu’on retrouve au fond d’une douche. Habituellement confiante, calme et posée, elle est terrifiée et révoltée à la fois. « Qu’est-ce que je fais ici prisonnière alors que ma carrière de femme publique débute? Je lançais mon livre, il y a à peine une semaine. C’est quoi cette paroi que je ne parviens même pas à endommager, un genre de polymère? »

Avec ses techniques de visualisation, ses idées se clarifient et sa panique s’estompe : « La lumière provient de la cloison », constate Évelyne en essayant de voir au travers. « J’ai l’impression d’être emprisonné dans un œuf en incubation… Depuis quand?... Pourquoi personne ne répond? »

 

 

Évelyne, dans la trentaine avancée, au physique athlétique, mais équilibré, frappe avec force la paroi recourbée aux deux extrémités. « J’ai mal partout à force de la frapper. Il n’y a rien à faire. Je n'ai  pas réussi à faire une seule égratignure. J’ai des crampes aux jambes. » Elle cherche une posture. « Je n’ai pas de position. C’est quoi ce bourdonnement permanent? » L’attente est interminable. « C’est de ma faute, tout ça. Cette ambition démesurée qui m’a poussé à signer le contrat. Quel manipulateur rusé ce Frank? Pourtant le magnétisme y était. Ma bonne étoile où était-elle? Je me suis servi de mes techniques de contrôle mentales. Qu’est-ce qui a failli dans mon intuition, dans ma clairvoyance?... Tout ça par ambition démesurée. Quelle stupidité de ma part!... Où suis-je? Je dois attendre quoi, qui et pourquoi? Jusqu’à quand vais-je rester prisonnière?... »

Évelyne, spécialiste du développement personnel, maître du mouvement de pensée positive et de l’autodétermination répète ses méthodes de contrôle : « Respire, respire! Sois patiente et reprends-toi! Essaie autre chose. Visualise ce qui te fait le plus de bien, » se répète-t-elle pour éviter une autre crise de panique. Ce travail de discipline et de concentration l’apaise momentanément. « Avec cette lumière permanente, je perds la notion du temps. Il n’y a jamais de nuit! Depuis combien de temps je suis ici, on dirait des jours? Serais-je ici depuis plus d’une semaine? » Elle retombe dans ses pensées troubles en contractant à répétition sa joue droite. « C’est mon initiation pour faire partie de leur organisation? Je dois résister de toutes mes forces. J'espère que je n'y laisserai pas ma peau! » Les paupières lourdes, Évelyne s’affaisse, épuisée.

 

 

Évelyne ouvre les yeux avec peine. « Pas encore ici! Je suis aveuglé par cette maudite lumière. » Elle bouche ses oreilles pour faire taire le son aigu qui lui fend la tête. « Non, ce n’est pas vrai? Comment ai-je pu m’assoupir avec ce bruit? » Évelyne désespérée est certaine qu’on l’a abandonnée. Ce sentiment angoissant lui brûle la poitrine. « J’ai faim et j'ai tellement soif. J’ai la gorge toute sèche, ma langue colle au palais. J’ai mal à la tête. »

Évelyne frappe, crie, déchire sa jaquette pour combattre ce mal intérieur qui l'oppresse et cette solitude qui l’affole. « Je sais ce que vous attendez de moi! C’est inutile, je ne me soumettrai pas », lance-t-elle étourdie, en espérant que quelqu’un l’écoute. Toujours ce silence inquiétant qui, heure après heure, n’en finit plus. Elle se recroqueville au fond de l’ovum pour résister : « Vous voulez m’épuiser, m’affaiblir, que je consente à "la mission". Jamais! Je ne veux rien savoir de votre projet! » Le temps passe interminable sans le moindre bruit extérieur. Puis, un gaz s’échappe des pores de la coque. Son esprit s’appesantit. Évelyne pâlit et s’évanouit.

 

 

 

Évelyne reprend ses esprits et s’écrit toute recroquevillée : « Où suis-je? Qu’est-ce que je fais ici? Pas encore dans cet œuf! » En colère, elle se lève d’un bon, se cogne la tête, tombe et se reprend sans succès. « J’ai mal. J’ai les muscles crispés. J’ai besoin de bouger. C’est impossible ici, c’est trop petit. Mes pieds me font souffrir, » dit-elle en se frictionnant les chevilles. L’intense lumière continue à l’étourdir, le son aigu lui fendre la tête. Son rythme cardiaque s’accélère, elle transpire. Les gouttes de sueur tombant de son front lui brûlent les yeux. Évelyne craque sous la pression : « Laissez-moi sortir, je vous en supplie, crie-t-elle en sanglot. Je vais mourir, je suffoque! » poursuit-elle désespérée en plaquant une paroi à l’autre espérant faire basculer l’ovum. Inutile.

 

 

Évelyne exténuée se calme. Sa chemise de nuit a été remplacée. En colère, elle avait déchirée la sienne. « C’est comme si on m’avait nettoyée. Je me sens propre. Je n’ai plus les crampes d’estomac. M’a-t-on fait un lavement? Je ne ressens plus la faim, ni la soif. Qu’est-ce que je subis? » Engourdie, elle se frotte le corps pour rester en contact avec la réalité. En se frictionnant le bras, elle touche un diachylon dans le repli de son avant-bras. Elle l’arrache. « Ce n’est pas vrai, une perfusion! On me nourrit au soluté. C’est quoi vos intentions? Me garder enfermée des semaines, des mois? Je ne suis pas un rat de laboratoire! » crie-t-elle, révoltée. Sa voix frappe la paroi et lui revoit son écho. Anéantie et amère, elle s’assoupit.

 

 

Ces traitements répétitifs, attentes, sommeils agités, transfusions, lavements et réveils comateux, brisent la résistance d’Évelyne. Fatiguée de combattre, broyée par la pression et ayant perdu la maîtrise d’elle-même, Évelyne cède. « D’accord, j’accepte! » dit-elle, la voix tremblotante. Aucun bruit perceptible. « J’accepte vos conditions », ajoute-t-elle, à haute voix. Aucun signe de vie. Elle insiste d’une voix ferme : « J’honore le contrat que j’ai signé avec vous et les clauses de notre entente. » Toujours rien. « Mais qu’est-ce que vous voulez? » crie-t-elle désespérée, en l’absence de réponse. Elle ajoute la voix éteinte : « Je me soumets à votre Volonté et à l’Esprit qui vous animent. Je ne résisterai plus et accomplirai mes obligations. J’en fais la promesse. » Une fumée s’échappe de la coque. Évelyne soulagée se laisse choir, en fermant les yeux.

 

 

Chapitre 2

 

La semaine précédente, en plein milieu d’un rêve, là où l’aventure débute pour Évelyne.

 

 

Évelyne, chevelure rousse remontée à la nuque et vêtue d’un tailleur, arrive dans une salle de réception bombée de gens. Mal à l’aise devant cette foule, elle traverse d’un pas vif, le portique étroit. Elle pénètre dans une salle de bal décorée de ses lustres scintillants et de ses rideaux en velours qui tombent en boucle. Ça la ravit. « Ah, que ça sent bon! » dit-elle à la vue des fleurs naturelles, agencées avec soin dans les vases.

S’avançant vers le buffet, elle salive à la vue des petites bouchées. « Vraiment délicieuses ces biscottes amuse-gueules. Celle-ci est au crabe, celle-là au caviar! » Évelyne observe de ses grands yeux bleus ciel les convives s’enivrer en plaisantant, cocktail à la main. « Quelle ambiance chic avec ces gens vêtue de robes de bal et de smoking. Le luxe est à l’honneur. Moi, je détonne avec mon costume sobre. Bizarre, on dirait que personne n’en fait de cas. Juste moi qui ne me sens pas à ma place. » Elle accepte avec plaisir la coupe proposée par le serveur. Il porte un tablier original bordé de rouge avec à sa partie inférieure une croix de Malte et au-dessus un triangle inversé. « À la bonne vôtre, dit-elle en levant la coupe et en savourant le Champagne. »

On reconnaît Évelyne auteure qui devient le point d'attraction des invités. Ils font la queue pour s’entretenir avec elle, telle une vedette. Son rythme cardiaque s’accélère. « Ne me dis pas que tu recommences tes phobies des foules? dit-elle, saisie par ces gens qui l’étouffent. Respire, Évelyne. Tout va bien aller! »

Les tête-à-tête se prolongent. Les gens se sentent familiers avec elle. Ils la touchent et envahissent son espace vital. « C’est trop de proximité pour moi. Quelle heure est-il? Comment fuir? Impossible de se faufiler. Il y a trop de monde qui m’encercle. C’est suffocant, j’ai besoin d’air. » Évelyne en sueur sent qu’elle perd le contrôle. « Qu’est-ce qui se passe, le cœur va me sortir de la poitrine? Mes muscles se durcissent les uns, après les autres. Je suis crampée. Je ne suis plus capable de bouger. C’est horrible! On dirait que je deviens une pierre? Qu’est-ce qui se passe? Je suis confuse. Je me sens faible. Je vais m’évanouir. »

 

 

 

Au loin, un bruit la réveille. Le bruit qui s’intensifie met fin à son cauchemar. Évelyne ouvre les yeux. « Ouf! C’est une sirène d’ambulance et je suis dans mon lit. » En sueur, entortillée comme un saucisson dans ses draps. Évelyne dénoue ses liens qui l’étouffent et se calme. « Reprends le contrôle de toi, ma chérie et respire normalement. » Les battements de son cœur reviennent à la normale. « C’était un mauvais rêve, soupire-t-elle soulagé. Un autre cauchemar me hante. » « Si je pouvais retrouver ma mémoire, tous mes souvenirs avant mon amnésie, je comprendrais peut-être la signification de ces rêves. À moins qu’il soit prémonitoire de ma journée? »

La sirène d’ambulance résonne en face de sa maison et la sort de ses pensées. « C’est surement Bob, mon voisin cardiaque à répétition. » Évelyne revêtue d’un peignoir se lève. Par la fenêtre de sa cuisine, sa prédiction s’avère exacte. Madame Brown accompagne dans l’ambulance son mari installé sur une civière. Un regard rapide vers l’horloge de la salle à manger. « J’ai une heure d’avance sur mon horaire. » Trempée de sueurs, elle prend un verre d’eau fraîche qui la ravigote et se dirige vers la salle de bain. Elle enlève sa chemise de nuit et saute dans sa douche. Elle pensée : « C’est bien le sept avril aujourd’hui? C’est donc mon anniversaire. Ça sera toute une journée! » Son mobile sonne. « Qui m’appelle? »



 

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